CINEMA // Un Hobbit, un casse-tête et de la neige à Wall Street

POSTER-1-LE-LOUP-DE-WALL-STREETLE LOUP DE WALL STREET

Le Loup de Wall Street, ou comment Scorsese a réussi à amener Di Caprio dans les hautes sphères de la décadence et de la folie. Les critiques en ont fait l’éloge, et elles ne se sont pas trompées. Au-delà d’un scénario brillant, ce long métrage fort de sens nous plonge dans les abysses du pouvoir. Ou comment la soif d’argent pour l’argent, peut amener un homme à sa propre ruine.  Certains trouveront qu’on frôle ici l’indécence, l’absurde, pourtant n’en fallait-il pas autant pour nous faire prendre conscience de l’ampleur du pouvoir de l’addiction ?

 

A l’heure où peu se risquerait à remettre en question le système financier mondial, le film de Scorsese nous pousse dans nos retranchements et interroge le sens d’une vie guidée par le seul appât du gain. L’argent ici n’est plus un moyen, mais une finalité, un but, infini, vil, grotesque. Parce que c’est tout à fait ça, l’absurdité de la vie d’un homme manipulé par le son des billets qui glissent sur une table en chêne. Le personnage de Leonardo Di Caprio, Jordan Belfort, petit banlieusard sans avenir, rêve de richesse. Mais à quel prix ? Son insouciance et son ambition vont le mener à bâtir un empire assis sur une escalade de mensonges et d’escroqueries, il évoluera alors dans un monde où tout respect pour l’homme disparaît, sans en avoir conscience, parce que ce que Jordan vend, c’est du rêve, de l’espoir, de la poudre aux yeux. Et c’est à l’impitoyable et misérable monde de la bourse et son paradis infernal, Wall Street, qu’il devra ses premiers pas au sein de cet univers infâme, où l’homme vénal règne en maître absolu. Drogue, Alcool, Sexe, Folie, Mensonge. Le Loup de Wall Street s’impose en allégorie des vices de la race humaine.

 

Et Leonardo Di Caprio, dans ce rôle qui semble lui avoir été taillé sur mesure, transcende. Au-delà de la démagogie, il absorbe notre perplexité et questionne notre raison. Et si, nous aussi, nous avions envie de cette opulence ? Mais on se rend bien vite compte que le bonheur ne se bâtit pas sur un mensonge. Se croire au-dessus de toutes lois, au-dessus du hasard et de la justice, vivre d’excès, ne reste jamais impuni. Le jugement tombe tel un couperet tranchant et accusateur. Jordan Belfort, nous fait rire, nous inquiète, nous fascine aussi, car l’art de la parole habile est une arme redoutable, et rémunère plus que bien dans notre société, aussi bien en grosse coupure, qu’en capacité de domination. Mais Jordan Belfort m’a aussi touché, car qui peut en vouloir à un homme parti de rien d’avoir laissé son ambition balayé toutes ses valeurs pour toucher du doigt son rêve ? Qui peut ignorer le travail accompli par un homme pour bâtir la volonté de toute une vie ? Peut-être que nombre d’entre nous seraient tombés dans cet engrenage, dans les méandres d’une vie de luxe et de plaisir.

 

Ce brillant long métrage, en plus d’un jeu d’acteurs excellent et d’une mise en scène survoltée, nous fait rire et nous pousse à l’indignation et à la révolte plus qu’à l’apitoiement. Choquer pour faire réagir, facile certes, mais efficace. Scorsese avait déjà tout compris depuis bien longtemps, mais il nous le démontre une nouvelle fois. Les personnages ne se réduisent pas à ce que leur apparence dit d’eux, ainsi la bimbo blonde brise les clichés et se révèle être avant tout une épouse, complètement impuissante face à la décadence de son mari, et consciente du danger qu’il pourrait être pour ses propres enfants. Jordan Belfort n’est rien qu’un homme, un homme que l’argent a élevé au rang de Dieu et a replongé aussitôt, en Enfer.

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hobbit_la_desolation_de_smaug_poster_afficheLE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG

On en a dit beaucoup de bien, on en a fait l’éloge. On a même dit que Peter Jackson avait atteint un « point de virtuosité absolu ». A en juger par les critiques, le deuxième volet du Hobbit a séduit, conquis, époustouflé tout le monde. Tout le monde, sauf moi.

Un beau spectacle, des paysages somptueux et une intrigue captivante, et pour cause, l’univers de Tolkien est une source intarissable de légendes et de contes qui ont passionnés plus d’un fan. Peter Jackson est passé maître pour ce qui est de retranscrire à l’écran les œuvres de l’auteur, mais dire qu’il a atteint son apogée avec Le Hobbit serait selon moi, une bien belle erreur. Je ne peux que reconnaître l’immense talent du réalisateur puisque j’ai longtemps voué une admiration sans borne à la trilogie du Seigneur des Anneaux, mais si celle-ci était sortie après Le Hobbit, on n’aurait pu nier qu’elle était bien meilleure.
Le Hobbit est sans conteste un bon divertissement, mais à trop vouloir offrir du grand spectacle et des scènes d’actions surfaites, on tombe dans les travers du ridicule. Si vous aviez ri devant la course poursuite archi longue du dernier Fast & Furious, préparez-vous à redoubler de rictus sarcastiques au visionnage de la scène où les nains, après s’être enfuis du royaume de Thranduil, tente d’échapper aux orques les poursuivant le long de la rivière, au programme : passage à la GoPro complètement inutiles et surenchères de prouesses physiques signées Legolas, aussi agile qu’un opossum. Ce show visuel fait perdre au long métrage, un peu de l’émotion et de la beauté des personnages qu’avait su véhiculer Peter Jackson dans sa première trilogie, et c’est bien dommage.
Quant à l’histoire, les nombreux parallèles avec Le Seigneur des Anneaux sont bien trop omniprésents à mon goût et éloignent le spectateur de l’intrigue principale. Certes les deux histoires sont dans la continuité l’une de l’autre, mais est-il bien nécessaire de surfer perpétuellement sur le succès de la première pour garder le spectateur en haleine ? L’histoire de Bilbo ne peut-elle pas se suffire à elle-même ?

Malgré ces quelques déceptions, Peter je ne t’en veux pas, ton Seigneur des Anneaux t’autorisera toujours à mes yeux, toutes les erreurs.

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20626475CASSE-TÊTE CHINOIS

Je suis allée voir ce film sans avoir gardé le moindre souvenir des deux précédents opus de Klapisch. La seule chose dont je me rappelais, c’est que j’avais aimé. Vous me direz, c’est déjà un bon point. Après L’Auberge Espagnole et Les Poupées Russes, le réalisateur et sa bande de personnages drôles, un peu paumés mais avec toujours ce petit caractère qui les rend si attachants, nous embarquent dans un nouveau méli-mélo de relations humaines dont la Grosse Pomme est la scène principale.
Xavier et Wendy sont divorcés et cette dernière part vivre à New York avec leurs enfants pour être auprès de son nouveau compagnon. Xavier décide donc de la suivre et de refaire sa vie là-bas pour pouvoir garder contact avec son fils et sa fille. Il y retrouve Isabelle, vivant à Brooklyn avec sa compagne Ju, les deux jeunes femmes l’hébergent pour quelques temps avant de lui trouver un logement à China Town. Quant à Martine, elle va venir rendre visite à Xavier, encore un peu perdu dans cette ville hyperactive, symbole d’une vie compliquée à laquelle il ne s’attendait pas.
L’histoire est très bien menée, les personnages sont toujours aussi sincères et les situations, rocambolesques. Je regrette un peu le rythme légèrement ralenti qui aurait gagné à être pimenté de plus de scènes sans queue ni tête comme le passage au cours duquel Xavier doit rentrer en urgence à son appartement avant que les autorités n’y parviennent alors qu’il a prêté sa clef à Isabelle. Le film aurait gagné à jouer un peu plus avec l’absurde et la fin est un peu trop irréaliste et fleur bleue à mon goût, mais pour autant je n’ai pas été déçue ! C’est beau, c’est touchant, c’est drôle, ça se laisse regarder, le sourire aux lèvres et le popcorn à la main.

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clap-de-fin-i-love-cinema-potzina1011006_fr_la_reine_des_neiges_1383664401677LA REINE DES NEIGES

Les Disney et moi, ça donne un gros pouce en l’air. Même les nouveaux nées du génie du dessin animé pour enfant ont trouvé leur place dans mon cœur. Fan incontestée de Raiponce, il m’était impossible de rater le nouveau chef d’œuvre des studios américains, j’ai nommé La Reine des Neiges.
Et malgré une esthétique et une histoire prometteuses, j’avoue avoir été un tantinet déçue. Je vous rassure, pas de traumatisme à signaler, un bonhomme de neige qui dit que son nez carotte ressemble à un bébé licorne, moi ça me fera toujours me bidonner de rire. Mais Disney a voulu miser sur des chansons à foison, comme au bon vieux temps, à l’ancienne, mais cette fois, c’était un peu trop. Savoir doser la musique n’est pas une mince affaire, et deux personnages qui chantent leurs moindres faits et gestes dans un dialogue de refrains mélodieux et d’envolées lyriques, cela ne rend pas service à l’histoire (Tu veux ouvrir la porte, c’est bien, on n’a pas besoin que tu le chantes). L’humour est bon, mais pas assez présent, pourtant ce n’est pas faute d’avoir dégoté des personnages désopilants. Quant à l’intrigue, tout s’enchaîne parfois un peu vite sans trop de cohérence, dommage pour une histoire originale reprenant tous les bons ingrédients d’un grand classique.
En somme, La Reine des Neiges n’a pas détrôné Raiponce mais je vous invite tout de même à aller voir ce nouveau petit bijou, parce qu’en cette période de fêtes, il fait bon rêver et s’évader dans un joli pays de conte de fée.

rtz

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6 réflexions sur “ CINEMA // Un Hobbit, un casse-tête et de la neige à Wall Street ”

    • 1 janvier 2014 à 14 h 11 min
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      J’espère que le film te plaira ! 🙂
      Bonne année !
      Bises !

  • 1 janvier 2014 à 5 h 24 min
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    Je veux voir le loup de ws! J’ai vu un film de Scorsese de 2011 Hugo cabret cette semaine. Pas mal mais pas époustouflant.
    Bise et très belle année à toi

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    • 1 janvier 2014 à 14 h 12 min
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      Je pense que celui-ci devrait te surprendre ! 🙂
      Bises !
      Excellente année à toi !

  • 10 janvier 2014 à 13 h 18 min
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    J’ai adooooooooré Casse-Tête chinoise, mais bon j’suis pas objective, je suis amoureuse de Romain Duris !
    Par contre on est d’accord : c’est quoi cette fin pour Bilbo le Hobbit ?? ahhhhhhh je sais que c’est une trilogie, c’est fait exprès blablabla.. mais quand même 🙁 ça a été trop dur !

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